Culture & Patrimoine

Vivre en bord de fleuve, qu’est-ce que cela veut dire ?

Quel devenir de la culture de fleuve ?

Fete du Rhone © Coll Durenmatt, Promofluvia -BM Lyon

Si depuis environ 30 ans dans le cadre du plan de restauration du Rhône, les scientifiques, biologistes, hydrologues, écologues, etc. sont au chevet du fleuve, celui-ci est également devenu objet d’étude et de recherches pour les sciences humaines.

Le Rhône, un objet de culture ?
Lieu de vie et de confrontations symboliques, espace de travail, terrain de jeux, support de l’imaginaire, vecteur de transmissions des patrimoines, savoirs et savoir-faire, frontière à franchir, voie de communication … C’est ce que représente jusqu’au XIXème siècle pour les riverains et voyageurs, le Rhône naturel et sauvage.

À bien étudier son histoire, sociologues, ethnologues, historiens, géographes, ont défini les contours d’une culture de fleuve.
Ils en ont identifié les grandes périodes, écrit les grands chapitres.

Rhône, libre et vagabond
Il fut un temps où les riverains et le Rhône, libre et vagabond, menaçant et nourricier, se connaissaient et vivaient côte à côte. Aux routes peu sures et peu nombreuses, le fleuve s’imposait comme la voie de communication principale.
Et si sa fréquentation quotidienne entrainait une grande familiarité et une connaissance de ses milieux, la vie sur ses rives obligeait les riverains à composer, dans un esprit de fatalisme, avec les crues et les étiages de ce voisin indomptable.

Rhône, industries et aménagements
Le XIXème siècle inaugure une ère d’innovations techniques : c’est l’apogée d’une économie fluviale avec la révolution de la navigation à vapeur qui débute en 1829.
C’est le premier pas vers la maîtrise du fleuve et de la nature, avec les aménagements Girardon, les ponts Seguin, la remonte de Arles à Lyon en trois jours ! Après la terrible inondation de 1856, la construction de digues et de quais annonce une rupture importante avec le Rhône et la Saône, qui désormais, traverseront les villes corsetés par des murs.

L’apparition de l’électricité consacre le Rhône, le plus puissant des fleuves français, au service de la nation avec une période de grands chantiers qui transformeront ses rives et son cours.

Au XXème siècle, son industrialisation, ses aménagements conduits par la Compagnie Nationale du Rhône, les trente glorieuses et un mode de vie urbain entrainent l’amnésie progressive des riverains. Les liens sont rompus.

Que reste-t-il de la culture de fleuve ?
Quels souvenirs, quelles habitudes et familiarités ont perduré aujourd’hui ?
Avec la menace des inondations, la pollution de ses eaux, l’industrialisation de ses rives et de ses paysages, le Rhône se rappelle à nous.

Restaurer le cours et les rives, accompagner les riverains vers une «  réappropriation » du Rhône, renouer avec la culture du fleuve, en réinventer des pans, réactiver la mémoire du risque, … tels sont les enjeux actuels pour qu’à nouveau, vivre au bord du fleuve soit porteur de sens.  

  • Lavandières sur le canal de Savières © Coll Dürenmatt, Promofluvia- BMLyon

    Lavandières canal de Savières

  • Lavandières sur le Rhône© Coll Dürenmatt, Promofluvia- BM Lyon

    Lavandières sur le Rhône

  • Fete du Rhone © Coll Durenmatt, Promofluvia -BM Lyon

    Fête du Rhône

  • Grottes de Soyons, habitations du Néandertal ©Michel Rissoan

    Grotte de Néron, habitation de Néandertal à Soyons