Economie & Innovation

Le Rhône en Valais

histoire mouvementée d’un voisinage contraint, la troisième correction du Rhône

Rédigé avec l’aimable collaboration de l’association Mémoire du Rhône

Le Rhone comme acclim acteur de la vallee © BASE

En Valais, le rapport au Rhône a souvent été fondé sur la méfiance : son caractère impétueux a longtemps obligé les populations à s’installer en hauteur et à distance du cours d’eau torrentiel.
Peu navigable en amont du Léman, le fleuve a une fonction économique plus importante à partir des années 1960. Les gravières implantées près des embouchures de ses affluents prélèvent chaque année en moyenne 290’000 m3 de matériaux.

Deux chantiers d’envergure – les corrections du Rhône – et une période de calme hydrologique sans crue majeure, ont permis la construction de zones industrielles et d’habitations à proximité du fleuve. Le souvenir des inondations dévastatrices s’est progressivement estompé durant la deuxième moitié du XXe siècle.

Les corrections du Rhône : jamais deux sans trois
Les corrections du Rhône au XIXe et XXe siècle ont bouleversé le cours du fleuve sans pour autant offrir aux populations une protection définitive. Les fortes crues de la fin du XXe siècle ont confirmé la nécessité d’un nouvel aménagement.
La troisième correction du Rhône est étudiée dans les années 1990 suite aux inondations de 1987 et 1993. Trois semaines avant la grande crue d’octobre 2000, le parlement valaisan décide de lancer le projet.
Unique en Suisse, c’est la plus grande entreprise de protection contre les crues du pays, qui s’étend sur 160 km, d’Oberwald au Léman. Son coût est estimé actuellement à 3,6 milliards de francs suisses ; des montants qui renforcent le scepticisme de certains milieux quant à l’ambition du projet.

Risques identifiés, solution validée
Au XXIe siècle, plus de 11 000 hectares de terres sont menacés d’inondation dans la plaine du Rhône. Les dégâts potentiels peuvent atteindre quinze milliards de francs suisses.
Deux risques principaux sont identifiés : le débordement dû au gabarit insuffisant du lit du Rhône et la rupture de digue.
La solution validée par les Conseils d’États vaudois et valaisan combine l’abaissement du fond du Rhône avec l’élargissement du lit là où l’espace le permet, ainsi qu’un renforcement des digues.

Sécurité, mais pas que… un projet territorial inspiré par une relation renouvelée au Rhône
Le regard sur le fleuve a évolué. À la sécurité des riverains, s’ajoute un projet de territoire qui répond aux exigences environnementales : donner plus d’espace au fleuve pour favoriser la biodiversité et rétablir une dynamique alluviale.
Avec l’importante activité agricole de la plaine valaisanne, l’agriculture est considérée comme un élément clé de la réussite du projet.
Les aspects socio-économiques du fleuve comme le tourisme et le développement de pratiques de loisirs sont également pris en compte. Les digues de Rhône sont envisagées comme des espaces de détente (balades, vélo, course à pied, équitation, etc.).
Un concours international a été mis en place. Le projet gagnant a débouché sur un plan guide des espaces publics du Rhône. Cet outil de travail itératif accompagne les architectes paysagistes dans la conception des aménagements sur les 160 km de berges. 

Le Rhône, les paysages et les riverains
Les vues sur le ruban du Rhône traversant la vallée agricole et urbaine, les coteaux des vignobles et la montagne grandiose en arrière-plan forment un paysage d’une grande richesse à valoriser.
Comment mettre en relation les composantes historiques, spatiales, fonctionnelles, économiques ou encore contextuelles de cet ensemble ? Une réflexion et un travail de lecture de paysage sont conduits afin d’interroger la relation ancienne et compliquée des riverains avec le Rhône et envisager une proximité plus sereine.

Le Rhône, l’avenir
Dans le cadre du concours, le projet lauréat de l’aménagement des espaces publics du Rhône propose une approche globale des paysages valaisan et vaudois en trois grandes étapes : animer la plaine, établir des connexions entre les villages et les villes jusqu’au Rhône, puis aménager les abords du fleuve pour les riverains du présent et du futur.
Les cantons et les communes pourront s’inspirer de ces propositions dans l’élaboration de leurs instruments d’aménagement du territoire. Le Rhône serait-il la future colonne vertébrale d’un réseau d’espaces publics et paysagers à l’échelle de la plaine ?

Le fleuve à Sion : un patrimoine à valoriser et à mettre en scène
La troisième correction est une opportunité pour mettre en scène la traversée du fleuve dans la capitale du Valais entourée par les vignes et les châteaux.
Éviter les inondations bien sûr, mais aussi redonner de l’espace au Rhône et saisir l’occasion historique de tisser des liens entre ville médiévale, moderne et contemporaine.
Travailler les continuités végétales, faciliter les mobilités douces, étendre les espaces publics jusqu’aux quais, rendre le fleuve plus proche et plus ludique, …

Comme l’écrit le Chef du Service valaisan de la protection contre les crues du Rhône, au sujet de la troisième correction : « Le temps est venu de faire la paix avec le fleuve »

 

 

  • Inondation a Saillon en octobre 2000 © Etat du Valais

    Plaine de Saillon inondée en octobre 2000

  • Travaux d elargissement du Rhone effectues dans la region de Viege en 2018 © DR

    Travaux d’élargissement du Rhône effectués dans la région de Viège en 2018

  • Travaux d’élargissement du Rhône à Viege en 2018 © DR

  • Une halte digue equipement type d

    Une halte-digue, équipement type d’observation du grand paysage

  • Une halte berge equipement type d

    Une halte-berge, équipement type d’observation du milieu Rhône

  • Le Rhone comme acclim acteur de la vallee © BASE

    Le Rhône comme acclim’acteur de la vallée