Culture & Patrimoine

Étiquettes de bouteilles de vin en Valais

Iconographie d’un grand adret alpin
Proposition de Jean-Paul Bravard

Versants et terrasses © JP Bravard

Le Rhône est-il aussi présent dans les étiquettes de bouteilles de vin du Valais qu’il peut l’être dans la vallée du Rhône à l’aval de Lyon ?
Quel message les producteurs et les négociants souhaitent-ils faire passer par l’étiquette ?
Quelles sont les particularités de l’étiquette valaisanne ?

 

Le Rhône, le grand absent
Lorsqu’elles sont historiées, ce qui n’est pas si fréquent, les étiquettes des Côtes-du-Rhône font la part belle au fleuve dieu, élément fort de la mythologie rhodanienne, au fleuve navigué depuis des siècles tout en étant une composante dynamique des paysages de la vallée.
Le Rhône valaisan est plus que discret, il est quasi absent des étiquettes.
Sans doute parce que, à la différence de la grande artère qui se jette dans la Méditerranée, ce torrent dangereux n’a pas joué de rôle bien positif dans l’histoire de la vallée.
L’étiquette du Valais nous informe davantage de la personnalité de la vallée en faisant la part belle aux grand adret ensoleillé qui porte le vignoble, aux châteaux et aux seigneurs qui les ont tenus, aux humbles outils de la vigne qui permettaient de travailler les terrasses.

Un adret viticole d’exception
Sous les hauts sommets enneigés et la forêt, mais au-dessus de la plaine humide, le Valais déploie ses vignes en terrasses depuis le coude de Martigny jusqu’à Loéche. Les pitons rocheux de Sion et de Saillon ont été fortifiés pour garder la vallée et la vigne ; les églises, les maisons et les murets de pierre ajoutent au pittoresque du grand adret ensoleillé. Nombre d’étiquettes ont retenu le soleil au zénith et les éclats de schiste pour dire les atouts de ce versant exceptionnel.

La fierté d’une histoire agitée
Le terroir valaisan a suscité des convoitises et produit une société structurée pour le défendre. Chevaliers, bannerets ou lansquenets rappellent un passé guerrier fréquemment mis à l’honneur, comme le saint patron des vignerons, le légendaire évêque de Sion Saint Joder qui sauva les vignerons de la misère. Mais les costumes et les danses mettent leur note de gaîté car cette société s’amusait aussi.

Les objets de tous les jours
Les outils du vigneron, la hotte de vendange, la presse à main, les tonneaux et tonnelets ; à la maison, le poêle en pierre ollaire et le pichet d’étain décrivent un quotidien cossu.
Il est temps de boire les excellents vins que donnent les cépages locaux : l’amigne, l’arvine le fendant, la Malvoisie et l’ermitage pour les blancs ; le pinot, la dôle, l’humagne rouge et le gamay pour les raisins vinifiés en rouge. La qualité de ces vins explique peut-être que nombre d’étiquettes soient des œuvres d’art originales, comme peintures et sculptures.

 

  • Butte saillon © DR JP Bravard

    Butte Saillon

  • Saint Joder © JP Bravard

    Saint Joder

  • Sion - chevalier, 1971 © DR JP Bravard

    Sion – chevalier, 1971

  • Versants et terrasses © JP Bravard

    Versants et terrasses

  • Village Saillon © JP Bravard

    Village Saillon

  • Gloire du Rhone © DR

    Gloire du Rhône